Santé : DGCCRF et produits esthétiques : État des lieux des masques LED et des produits cosmétiques associés

Santé : DGCCRF et produits esthétiques :  État des lieux des masques LED et des produits cosmétiques associés

Les masques du visage munis de diodes électroluminescentes, « masques LED », sont utilisés en photothérapie, pour cibler certains aspects cutanés tels que les rides, l’acné ou les cicatrices. D’après l’association française de médecine esthétique, les masques LED stimulent la régénération cellulaire grâce à différentes longueurs d’onde lumineuses.

La DGCCRF a annoncé conduire cette année une enquête dans le secteur des masques LED. À cette occasion, nous vous proposons de revenir sur leurs caractéristiques et certaines implications juridiques.

Les masques commercialisés en France revêtent des caractéristiques techniques différentes

  • Des longueurs d’ondes variables : les masques LED comportent des diodes de longueurs d’ondes différentes, utilisées isolément ou en combinaison. Ils recourent, par exemple, à la lumière bleue (450‒495 nm), jaune (570‒590 nm), rouge (620‒780 nm) et, au-delà, à l’infrarouge.
  • Des allégations variables : les distributeurs tendent à présenter une action anti-âge, le lissage ou le traitement des rides, l’atténuation des cernes, l’illumination du teint, le raffermissement de la peau, etc. Ces allégations sont, selon les cas, justifiées ou non par des études, comme le souligne 60 Millions de Consommateurs dans un article du 9 juin 2026.
  • Des qualifications réglementaires variables : les masques commercialisés en France font application de statuts réglementaires différents. Certains s’inscrivent dans le champ du dispositif médical et sont ainsi assortis d’obligations réglementaires issues notamment du Règlement 2017/745 du 5 avril 2017 sur les dispositifs médicaux (Règlement DM). D’autres sont présentés en tant que dispositifs esthétiques.

Si certains masques mettent en avant leur « certification CE », il ne s’en déduit pas une qualification de dispositif médical.

Il en résulte une grande variabilité des normes appliquées.

Quels critères pour que le masque soit un dispositif médical réglementé ?

En France, l’application du statut de dispositif médical est possible pour certains produits « esthétiques », sans destination médicale prévue, mais dont les caractéristiques et les risques sont similaires à des dispositifs médicaux. Il s’agit des produits listés à l’annexe XVI du Règlement DM.

Or, l’annexe XVI vise les « équipements émettant des rayonnements électromagnétiques à haute intensité (infrarouge, lumière visible, ultraviolet par exemple) et destinés à être utilisés sur le corps humain (…) ».

Ceci inclut précisément les masques LED pour le visage, selon le guide interprétatif MDCG 2023-5, en fonction de leur destination.

Si un masque LED est présenté comme visant le rajeunissement de la peau (« skin rejuvenation ») ou le traitement des cicatrices d’acné, il relève alors de la classe IIb.

Cependant, la liste n’est pas exhaustive et une zone grise subsiste :

  • pour les allégations ne visant pas exactement le rajeunissement, mais relevant du champ lexical de l’âge ;
  • pour toute autre allégation, telle que l’action anti-ride ou l’uniformisation de la peau.

En outre, il est souvent indiqué que les masques LED sont « non invasifs », tout en étant présentés comme pénétrant profondément la peau jusqu’au derme ou à l’hypoderme.

Or, pour certains produits frontières, la grille d’analyse de qualification tient compte de la profondeur d’action du produit.

Un second questionnement porte sur les produits cosmétiques commercialisés afin d’être utilisés en association avec les masques LED

Dans une FAQ du 19 février 2026, la DGCCRF relève, à propos d’une autre technique esthétique (le microneedling), « l’utilisation simultanée de produits cosmétiques, dont le microneedling est présenté comme facilitant l’effet, alors que ces produits cosmétiques n’ont pas nécessairement été évalués pour cet usage ».

Ce constat apparaît transposable aux produits cosmétiques utilisés en association avec les masques LED, qui sont présentés comme spécifiquement prévus à cet usage.

Une attention particulière devrait en outre être apportée au statut du produit, lorsque le masque auquel il est associé est un dispositif médical.

Le secteur de l’esthétique soulève ainsi des enjeux multiples de qualification, de sécurité et d’information loyale du consommateur.