LexCase publie régulièrement des articles sur les actualités les plus pertinentes, qu’il s’agisse de réglementations, de jurisprudences ou d’avis divers.
Conformité d’une construction : délais de contrôle et récolement
En bref. Après la réception en mairie de la déclaration attestant l’achèvement et la conformité des travaux, l’administration dispose en principe de trois mois pour contester la conformité d’une construction au permis de construire ou à la déclaration préalable. Ce délai est porté à cinq mois lorsque le récolement des travaux est obligatoire.
Passé ce délai, l’autorité compétente ne peut plus contester la conformité des travaux dans le cadre prévu par les articles L. 462-2 et R. 462-6 du Code de l’urbanisme, sauf situation particulière comme la fraude. Cette règle est importante pour les collectivités, les opérateurs immobiliers et les maîtres d’ouvrage, car elle fixe le calendrier dans lequel le contrôle de conformité doit être organisé.
Quels délais pour contrôler la conformité après un permis de construire ?
Le point de départ est la réception en mairie de la déclaration attestant l’achèvement et la conformité des travaux. À compter de cette date, l’administration dispose en principe d’un délai de trois mois pour vérifier si les travaux réalisés sont conformes à l’autorisation d’urbanisme délivrée.
Pendant ce délai, l’autorité compétente peut procéder ou faire procéder au récolement des travaux. Si elle constate une non-conformité, elle peut mettre en demeure le maître d’ouvrage de déposer une autorisation modificative ou de mettre les travaux en conformité.
Quand le délai passe-t-il à cinq mois ?
Le délai de trois mois est porté à cinq mois lorsque le récolement des travaux est obligatoire. Les cas de récolement obligatoire sont notamment prévus par l’article R. 462-7 du Code de l’urbanisme.
Sont notamment concernés certains travaux portant sur :
- des immeubles protégés au titre des monuments historiques ;
- des immeubles de grande hauteur ou des établissements recevant du public ;
- des secteurs couverts par un plan de prévention des risques ;
- des secteurs classés dans le coeur d’un parc national ou ayant vocation à l’être.
Que se passe-t-il après l’expiration du délai ?
Une fois le délai de trois ou cinq mois expiré, l’administration ne peut plus contester la conformité des travaux au permis ou à la déclaration préalable dans le cadre de cette procédure.
Elle ne peut donc plus, sur ce fondement, mettre en demeure le maître d’ouvrage de déposer une autorisation modificative ou d’exécuter des travaux de mise en conformité. Elle ne peut pas davantage refuser une nouvelle demande d’autorisation au seul motif que la construction existante aurait été édifiée sans respecter l’autorisation initiale, sauf cas particulier comme la fraude.
Conséquences pratiques pour les collectivités
Pour les collectivités, l’enjeu est opérationnel : si elles souhaitent conserver un droit de regard effectif sur la conformité des constructions, elles doivent identifier rapidement les dossiers à contrôler et organiser le récolement dans les délais applicables.
Même lorsque le récolement est facultatif, l’absence de contrôle dans le délai peut priver l’administration de la possibilité de contester ensuite la conformité des travaux dans le cadre de la procédure de récolement.
Conséquences pratiques pour les maîtres d’ouvrage
Pour les maîtres d’ouvrage, la déclaration d’achèvement et de conformité des travaux est un acte important. Elle permet de faire courir le délai de contrôle de l’administration.
En pratique, il est recommandé de déposer cette déclaration dès que les travaux sont achevés et de conserver une preuve de sa date de réception en mairie. Cette traçabilité peut être décisive si la conformité de la construction est discutée ultérieurement.
Référence : décision Sormonte du Conseil d’État
Dans une décision du 27 novembre 2018, le Conseil d’État a précisé les effets de l’expiration du délai de contrôle de la conformité des travaux.
CE, 27 novembre 2018, Sormonte, n° 411991.
Cette décision confirme que, lorsque le bénéficiaire d’une autorisation a adressé au maire sa déclaration attestant l’achèvement et la conformité des travaux, l’autorité compétente ne peut plus en contester la conformité si elle ne l’a pas fait dans le délai applicable de trois ou cinq mois, sauf cas particulier comme la fraude.
Questions fréquentes
Quel document déclenche le délai de contrôle ?
Le délai court à compter de la réception en mairie de la déclaration attestant l’achèvement et la conformité des travaux.
Le délai est-il toujours de trois mois ?
Non. Le délai est de trois mois en principe, mais il est porté à cinq mois lorsque le récolement des travaux est obligatoire.
Quelle différence entre contrôle de conformité et récolement ?
Le récolement correspond au contrôle, par l’administration, de la conformité des travaux réalisés par rapport à l’autorisation d’urbanisme délivrée.
Peut-on parler d’une tolérance après le délai de contrôle ?
Il ne s’agit pas d’une tolérance générale sur les travaux réalisés. La règle signifie que l’administration ne peut plus contester la conformité des travaux dans le cadre de la procédure de récolement une fois le délai applicable expiré, sous réserve des cas particuliers qui doivent être analysés au cas par cas.
La commune peut-elle encore agir après le délai ?
Après l’expiration du délai de trois ou cinq mois, la commune ne peut plus contester la conformité des travaux dans le cadre de la procédure de récolement. Les situations particulières, notamment en cas de fraude, doivent toutefois être examinées spécifiquement.
Pour aller plus loin
Ce sujet s’inscrit dans les problématiques traitées par l’équipe LexCase en droit de l’urbanisme, de l’aménagement et de l’environnement, notamment sur les autorisations d’urbanisme, le récolement des travaux et les risques contentieux associés. Pour une situation précise, vous pouvez également contacter les équipes LexCase.